SOPK : toutes les réponses à vos questions sur le syndrome des ovaires polykystiques
SOPK : symptômes, causes, diagnostic et traitements expliqués simplement par Dr Najeeb Layyous.
En bref : Le syndrome des ovaires polykystiques n’est pas une maladie unique, mais un ensemble de symptômes liés à un déséquilibre hormonal, qui peut se présenter différemment d’une femme à l’autre. Cette page répond aux questions que les patientes posent le plus souvent à son sujet.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) regroupe plusieurs symptômes liés à un déséquilibre hormonal dans le corps. Ce n’est donc pas une maladie unique, mais un ensemble de symptômes associés les uns aux autres. Voici les réponses aux questions que nos patientes nous posent le plus souvent.
Quelle est la prévalence du syndrome des ovaires polykystiques ?
Pour une vue d’ensemble des autres facteurs possibles, consultez notre article sur les causes de l’infertilité féminine.
Le SOPK touche environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde, et c’est la principale cause d’infertilité liée à l’absence d’ovulation.
Quels sont les symptômes les plus fréquents du SOPK ?
Voici quelques symptômes qui peuvent se présenter dans ce syndrome :
- Aménorrhée ou oligoménorrhée (règles absentes ou peu fréquentes)
- Troubles de l’ovulation
- Un taux élevé de testostérone, qui peut entraîner une pilosité accrue au menton, à la poitrine et aux cuisses
- Une infertilité liée aux troubles ovulatoires
- Des ovaires légèrement plus volumineux qu’une taille normale à l’échographie, avec de petits follicules en périphérie
- Un surpoids
- Une résistance à l’insuline, qui entraîne une augmentation du taux d’insuline malgré une glycémie normale
- Un trouble du profil lipidique
- Une tension artérielle élevée
- De l’acné et une peau grasse
Quelle est la cause du syndrome des ovaires polykystiques ?
La cause principale reste encore inconnue à ce jour, mais plusieurs études évoquent une origine génétique, ce syndrome ayant tendance à se retrouver au sein d’une même famille.
D’autres études suggèrent également un rôle possible de l’efficacité des récepteurs à l’insuline.
Certains traitements anti-épileptiques pourraient aussi révéler ou aggraver les symptômes de ce syndrome.
Existe-t-il un traitement définitif pour le SOPK ?
Non, pas à ce jour. Les traitements disponibles permettent de réduire les symptômes, mais ne guérissent pas le syndrome de façon définitive.
Existe-t-il un examen de laboratoire spécifique pour diagnostiquer le SOPK ?
Non, il n’existe pas d’examen unique et spécifique, car il n’y a pas de cause unique identifiée.
Comment se fait le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’échographie et des analyses sanguines.
Comment se fait le diagnostic par échographie vaginale ?
Les ovaires peuvent ressembler à un collier de perles, avec 20 petits follicules ou plus (de 2 à 9 mm) dans chaque ovaire, et/ou un volume ovarien de 10 ml ou plus. Chez l’adulte, un taux élevé d’AMH peut aussi remplacer l’échographie.
Quels examens doivent être réalisés régulièrement ?
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- Glycémie à jeun ou hémoglobine glyquée (HbA1c), et idéalement une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), tous les 1 à 3 ans
- Profil lipidique
- Hormone de stimulation thyroïdienne (TSH)
Est-ce que toutes les femmes atteintes de SOPK sont infertiles ?
Cela dépend de la sévérité de la maladie. Si le SOPK entraîne des troubles de l’ovulation, il peut effectivement causer une infertilité.
Est-ce que la courbe de température prédit le moment de l’ovulation chez les patientes SOPK ?
Cela dépend là aussi de la sévérité de la maladie.
Le citrate de clomifène joue-t-il un rôle chez les patientes SOPK ?
Oui, le clomifène peut aider à induire l’ovulation, mais aujourd’hui le létrozole est recommandé en premier choix, car il donne de meilleurs taux de naissance. Avec le clomifène, environ 40 % des patientes obtiennent une grossesse, et son utilisation est généralement limitée à 6 cycles avec ovulation.
Le SOPK affecte-t-il la qualité des ovocytes ?
Oui, cela est possible, en raison d’un taux élevé d’insuline ou d’une ovulation retardée.
Quel est le rôle de la cortisone en complément du déclenchement de l’ovulation ?
La cortisone peut diminuer le taux d’hormones androgènes, et quelques petites études suggèrent qu’elle pourrait aider l’ovulation chez certaines patientes résistantes au traitement ; les preuves restent toutefois limitées et elle n’est pas utilisée en routine. Son utilisation doit toutefois toujours se faire après consultation avec votre médecin, car elle peut affecter le niveau d’insuline.
Est-il nécessaire d’utiliser de la progestérone chez les patientes SOPK ?
En l’absence d’ovulation, le corps ne produit pas de progestérone ; un progestatif peut alors être prescrit pour déclencher des règles et protéger l’endomètre. Un soutien par progestérone après une simple induction de l’ovulation n’a pas démontré de bénéfice et n’est pas systématique.
Peut-on associer des antidiabétiques oraux aux traitements de déclenchement de l’ovulation ?
Oui, c’est possible. Dans certains cas, la metformine peut être prescrite environ 3 à 6 mois avant le début de l’induction de l’ovulation, ou en association avec elle.
Le SOPK augmente-t-il le risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne ?
Oui, en raison de la présence de nombreux petits follicules. Le déclenchement de l’ovulation vise alors à favoriser le développement de certains follicules sans stimuler excessivement les plus petits. L’utilisation de la metformine peut aussi contribuer à réduire ce risque d’hyperstimulation.
Faut-il prendre de l’aspirine à faible dose (« aspirine bébé ») pendant l’induction de l’ovulation chez les patientes SOPK ?
Cette décision revient toujours à votre médecin, mais certaines études suggèrent que l’aspirine à faible dose pourrait réduire certaines complications de grossesse.
- Y a-t-il un lien entre le SOPK et l’endométriose ?
Ce lien reste incertain, mais si les deux affections coexistent chez une même patiente, une cause génétique commune pourrait être en cause.
Quel est le traitement chirurgical du SOPK ?
Il existe deux types d’interventions chirurgicales :
1- L’ovariectomie partielle, une méthode plus ancienne réalisée par incision abdominale, pouvant entraîner des adhérences et, par la suite, une infertilité.
2- La diathermie ovarienne, réalisée par laparoscopie, avec un taux de succès de 50 à 70 %, pouvant descendre à 25 % selon l’expérience du chirurgien.
Qu’est-ce que l’hyperprolactinémie, et quel est son traitement ?
Il s’agit d’une élévation du taux de prolactine dans le sang, pouvant entraîner un écoulement de lait ou des irrégularités menstruelles. Après avoir éliminé une grossesse, une hypothyroïdie ou un effet de médicaments, une IRM peut montrer un petit adénome de l’hypophyse (prolactinome). Dans la grande majorité des cas, le traitement est médical, par un agoniste de la dopamine (cabergoline ou bromocriptine), qui normalise la prolactine et fait souvent diminuer la taille de l’adénome ; la chirurgie est réservée aux rares cas qui ne répondent pas au traitement ou ne le tolèrent pas.
Le risque de fausse couche est-il augmenté en cas de SOPK ?
Oui, le risque de fausse couche est un peu plus élevé chez les patientes SOPK, surtout en cas de surpoids ou de résistance à l’insuline, pour des raisons encore mal comprises. Certains évoquent un taux élevé de LH, d’autres un niveau élevé d’insuline pouvant affecter l’implantation de l’embryon et le développement du fœtus.
La metformine réduit-elle le risque de fausse couche ?
Les études actuelles n’ont pas démontré que la metformine réduise le risque de fausse couche, et elle n’est pas recommandée dans ce but. Elle peut en revanche être utile pour d’autres raisons (poids, glycémie), selon l’avis de votre médecin.
Les patientes SOPK ont-elles un risque accru de développer un diabète plus tard dans la vie ?
Oui, le risque de développer un diabète est plus élevé chez ces patientes.
Peut-on espérer une guérison définitive du SOPK après une grossesse ?
Non, il n’existe pas de remède définitif au syndrome des ovaires polykystiques, mais certains changements hormonaux après une grossesse peuvent contribuer à une meilleure régularité du cycle.
Quels sont les traitements utilisés pour le SOPK ?
1- Les pilules contraceptives orales, utilisées pour réguler le cycle menstruel.
2- Les traitements anti-androgéniques.
3- Les traitements de l’acné.
Quelles méthodes permettent d’induire les règles ?
Les pilules contraceptives orales sont souvent utilisées, mais certaines patientes préfèrent les éviter ; dans ce cas, la progestérone orale peut être proposée comme alternative.
Si vous vous reconnaissez dans certains de ces symptômes ou si vous avez des questions sur votre situation personnelle, l’équipe du
Si cette question vous concerne, notre article dédié aux fausses couches récurrentes en aborde les causes et le bilan.
Dr Najeeb Layyous reste à votre disposition pour vous accompagner et vous orienter vers le suivi le plus adapté.
Dr Najeeb Layyous F.R.C.O.G
Obstétricien consultant, gynécologue et spécialiste de l’infertilité
Je tiens à remercier le Dr Najeeb Layyous et la Dre Alaa pour le suivi qui a conduit, si Dieu le veut, à une grossesse. Vraiment parmi les meilleurs médecins, surtout dans leur attitude — respectueux et dignes. Et à l’équipe — Lina, Dina et Shireen — excellentes dans leur travail, courtoises et toujours souriantes. Merci à toutes et à tous.