Fausses couches à répétition : causes, diagnostic et accompagnement
Fausses couches à répétition : causes possibles, examens et conseils d'un spécialiste en fertilité.
En bref : Les fausses couches à répétition sont définies par les recommandations européennes récentes comme deux pertes de grossesse ou plus, pas nécessairement consécutives, alors que d’autres recommandations retiennent trois ou plus. Les causes comprennent des anomalies génétiques, des malformations de l’utérus et des troubles hormonaux, immunitaires et de la coagulation ; chez de nombreux couples, aucune cause n’est retrouvée. Le traitement dépend de la cause, et un simple accompagnement donne de bons résultats dans les cas inexpliqués.
Vivre plusieurs fausses couches successives est une épreuve difficile, sur le plan physique comme émotionnel. Comprendre les causes possibles peut aider à mieux appréhender la situation et à envisager un accompagnement adapté avec votre médecin. Voici les principales causes identifiées par la recherche médicale.
1- Anomalies chromosomiques parentales :
Elles sont identifiées chez 3 à 5 % des couples présentant des fausses couches à répétition. La cause la plus fréquente est une translocation équilibrée ou réciproque. On observe deux fois plus de femmes que d’hommes porteuses d’anomalies chromosomiques structurelles, probablement en raison de l’association de ces anomalies avec l’infertilité masculine.
2- Anomalie chromosomique du fœtus (aneuploïdie) :
La trisomie ou la monosomie est l’anomalie chromosomique la plus fréquemment identifiée lors des fausses couches ; environ 30 % des fausses couches sont dues à une trisomie, et cette proportion augmente avec l’âge maternel.
3- Déséquilibres hormonaux (endocrinopathies) :
L’insuffisance lutéale a longtemps été évoquée, mais le dosage de la progestérone en phase lutéale et la biopsie de l’endomètre ne sont plus recommandés pour la diagnostiquer. Le bilan hormonal recommandé comprend surtout l’exploration de la thyroïde (TSH et anticorps anti-TPO). Les patientes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) présentent un risque accru de fausse couche. Des réponses hormonales adéquates de l’endomètre sont nécessaires pour qu’il soit réceptif à l’embryon.
4- Syndrome des antiphospholipides :
Il s’agit de la principale cause traitable de fausses couches à répétition. La majorité des fausses couches surviennent au cours du premier trimestre de grossesse, après un arrêt cardiaque fœtal dû à une thrombose des vaisseaux utéro-placentaires. L’utilisation d’aspirine seule en prophylaxie augmente le taux de naissances vivantes à 40 %. L’ajout d’héparine à l’aspirine porte ce taux à 60 %.
- 5- Anomalies thrombophiliques
6- Dysfonctionnement immunitaire à l’origine de fausses couches à répétition (avortements) :
(NK) Cellules tueuses naturelles : Les lymphocytes, composants du système immunitaire présents dans le sang périphérique, ont une capacité de destruction supérieure à celle des cellules tueuses naturelles (NK) utérines.
L’embryon doit être réceptif à l’implantation. Cela nécessite une interaction continue entre l’embryon et l’utérus, principalement par le biais des cytokines sécrétées par les cellules immunitaires utérines. Si ces cellules ne répondent pas au signal d’adhésion et d’implantation de l’embryon, l’implantation ne pourra avoir lieu.
À ce jour, le dosage des cellules NK n’est pas recommandé, et les traitements immunitaires (immunoglobulines, intralipides, corticoïdes) n’ont pas prouvé leur efficacité ; ils ne sont proposés que dans le cadre de la recherche.
7- Anomalies utérines structurelles, causes de fausses couches à répétition (avortements spontanés) :
La prévalence des anomalies utérines chez les femmes présentant des fausses couches à répétition varie de 1,8 % à 37,6 %.
8- Facteurs environnementaux utérins inhibant l’implantation de l’embryon, classés en facteurs anatomiques, hormonaux et immunologiques :
Polypes endométriaux : excroissances bénignes de l’endomètre dans la cavité utérine.
Fibromes sous-muqueux : tumeurs bénignes faisant saillie de la paroi utérine dans la cavité utérine.
Synéchies utérines : dues à des cicatrices ou des adhérences dans la cavité utérine. 9- Agents infectieux à l’origine de fausses couches à répétition
- 10- Facteurs environnementaux : tabac, alcool, radiothérapie, chimiothérapie
- 11- Causes psychologiques des fausses couches à répétition
- 12- Causes idiopathiques (inconnues) : plus de 50 % des fausses couches à répétition
Questions fréquentes :
Pourquoi survient une fausse couche précoce ?
Dans la plupart des cas, aucune cause précise n’est identifiée, mais la cause la plus fréquente serait une anomalie chromosomique chez le fœtus.
Deux fausses couches sont-elles considérées comme des fausses couches à répétition ?
Oui. Selon les recommandations actuelles (ESHRE 2022), on parle de fausses couches à répétition à partir de deux fausses couches, et un bilan peut être proposé dès ce stade.
Que signifie une fausse couche à répétition ?
Elle peut être liée à une cause chez la mère ou le couple (syndrome des antiphospholipides, anomalie de l’utérus, anomalie chromosomique chez l’un des parents, trouble thyroïdien), mais dans plus de la moitié des cas aucune cause n’est retrouvée et les fausses couches sont dues au hasard. Même dans ce cas, les chances d’avoir un bébé lors d’une prochaine grossesse restent bonnes.
Comment envisager une nouvelle grossesse après des fausses couches à répétition ?
Un suivi médical régulier avant d’essayer de concevoir est essentiel pour tenter de déterminer la cause des fausses couches et réduire le risque qu’elles ne se reproduisent.
Lors de la grossesse suivante, un traitement par progestérone vaginale peut être proposé si des saignements surviennent au premier trimestre chez une femme ayant déjà fait une fausse couche. L’acide folique, l’arrêt du tabac et un poids équilibré sont également recommandés.
Les fausses couches à répétition ont-elles un impact sur l’utérus ?
Oui, surtout si elles ont été suivies d’un curetage.
Quels sont les risques de fausses couches à répétition pour la mère ?
• Un utérus fragilisé ou endommagé, pouvant retarder la grossesse.
• Des infections de l’appareil reproducteur et une maladie inflammatoire pelvienne.
• Des troubles psychologiques pouvant persister jusqu’à 6 mois, tels que l’anxiété et la dépression.
Quel est le mois où le risque de fausse couche est le plus faible ?
À la 12e semaine de grossesse, le risque de fausse couche diminue à 5 %.
- L’insémination artificielle peut-elle aider à traiter les fausses couches ?
- Non, l’insémination artificielle ne réduit pas le risque de fausse couche. En cas d’anomalie chromosomique chez l’un des parents, une fécondation in vitro avec diagnostic génétique des embryons peut être discutée ; elle évite de transmettre l’anomalie, mais n’augmente pas forcément les chances d’avoir un bébé par rapport à une grossesse naturelle.
Le conjoint peut-il être la cause des fausses couches à répétition ?
Oui, en cas d’anomalie chromosomique.
Est-ce une maladie héréditaire ?
Le plus souvent non. Cependant, une anomalie chromosomique chez l’un des parents (translocation) peut être transmise ; un caryotype du couple peut alors être proposé.
Quels facteurs augmentent les risques de fausse couche ?
Âge supérieur à 35 ans (et surtout après 40 ans)
Maladies médicales non contrôlées, comme le diabète
Obésité maternelle
Quand un curetage est-il nécessaire ?
- Saignements abondants et persistants
- Signes d’infection
- Si les médicaments sont inefficaces
Les rapports sexuels sont-ils sans danger pendant la grossesse ?
Oui, dans une grossesse sans complication, les rapports sexuels ne provoquent pas de fausse couche. Votre médecin peut cependant vous conseiller de les éviter temporairement en cas de saignements ou de situation particulière.
Si vous avez vécu plusieurs fausses couches, un accompagnement médical personnalisé peut aider à mieux comprendre votre situation et à envisager les meilleures options pour votre prochaine grossesse. N’hésitez pas à consulter l’équipe de la clinique du
Le travail réalisé au laboratoire d’embryologie pour étudier les embryons est décrit dans notre guide du diagnostic génétique préimplantatoire (DPI).
Dr Najeeb Layyous pour un avis adapté à votre parcours.
Dr Najeeb Layyous F.R.C.O.G
Obstétricien consultant, gynécologue et spécialiste de l’infertilité
Le meilleur médecin de Jordanie — que Dieu le bénisse, lui et toute son équipe médicale. Un médecin dans tous les sens du terme. Je conseille à toute personne qui envisage une grossesse de consulter le Dr Najeeb Layyous. Son attitude est remarquable, toujours souriant et d’une grande éthique ; il accorde à chaque patiente toute son attention, et son confort passe avant tout. Nous avions vu de nombreux médecins et aucun n’avait compris et traité mon cas, sauf lui. Un merci tout particulier à lui et à toute l’équipe, et à Dina en particulier — une personne adorable. Je recommande à quiconque envisage une FIV ou une grossesse de consulter sa clinique.