Sélection du sexe du bébé avant la grossesse : méthodes, fiabilité et DPI
Découvrez les méthodes de sélection du sexe du bébé, leur fiabilité réelle, et l'avis de Dr Layyous, spécialiste en fertilité.
En bref : La méthode la plus précise pour choisir le sexe de l’enfant est le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) associé à la FIV, fiable à 99–100 %. L’insémination après tri des spermatozoïdes est moins précise, et le régime alimentaire ou le moment des rapports le sont beaucoup moins. La sélection du sexe est surtout utile pour les maladies héréditaires liées au sexe.

Depuis toujours, de nombreux couples se demandent s’il est possible d’influencer le sexe de leur futur enfant. Cette curiosité vient parfois d’une simple préférence familiale, et parfois d’une véritable raison médicale, lorsqu’une maladie héréditaire est liée au chromosome X ou Y. Dans cet article, nous faisons le point sur les croyances anciennes, les méthodes naturelles et les techniques médicales actuelles, en expliquant clairement ce qui est scientifiquement validé et ce qui relève davantage de la tradition populaire.
Le sexe du bébé dépend du type de chromosome transporté par le spermatozoïde : chromosome X ou chromosome Y. L’ovocyte, lui, ne contient que le chromosome X. Ainsi, lorsqu’un spermatozoïde porteur du chromosome X féconde l’ovocyte, l’embryon sera une fille (XX). Lorsque c’est un spermatozoïde porteur du chromosome Y qui féconde l’ovocyte, l’embryon sera un garçon (XY).
Au fil de l’histoire, diverses croyances populaires ont tenté d’expliquer ou d’influencer ce phénomène naturel. Les Grecs anciens pensaient, par exemple, que les spermatozoïdes Y provenaient du testicule droit et les spermatozoïdes X du testicule gauche, ce qui donnait lieu à des pratiques aujourd’hui considérées comme sans fondement scientifique. D’autres croyances associaient la corpulence des parents, certains aliments (épices, viande, poisson salé) ou le moment de la relation conjugale au sexe de l’enfant à venir.
Ces récits témoignent surtout de l’ancienneté de cette question, mais ne reposent sur aucune preuve médicale solide. Voici, en revanche, les approches qui ont fait l’objet d’études, avec des niveaux de fiabilité très variables.
Le régime alimentaire peut-il influencer le sexe du bébé ?
Certaines études, dont celles de Rajan S. Joshi, suggèrent que l’alimentation de la femme pourrait avoir un effet sur l’environnement de l’ovocyte et, indirectement, sur le type de spermatozoïde qui parvient à le féconder.
L’équilibre entre le sodium, le potassium, le calcium et le magnésium pourrait modifier légèrement la paroi de l’ovocyte et influencer l’attraction du spermatozoïde X ou Y. Un apport plus élevé en sodium et potassium, associé à un apport plus faible en calcium et magnésium, serait associé — selon cette théorie — à une tendance favorisant une conception masculine. À l’inverse, un apport plus riche en calcium et magnésium, avec moins de sodium et de potassium, serait associé à une tendance favorisant une conception féminine.
Pour suivre cette approche, il est généralement recommandé de maintenir ce type de régime pendant au moins deux mois avant la conception. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une piste étudiée, non d’une méthode garantie.
| Pour favoriser une conception féminine | Pour favoriser une conception masculine | ||
| Calcium | Magnésium | Potassium | Sodium |
| -Lait et produits laitiers (Fromage, Labneh, …) -Pain de blé complet sans sel et levure -Céréales comme : noisettes, amandes, graines de tournesol -Saumon, sardines, huîtres, … -Légumes, notamment laitue, persil, coriandre, mauve, gombo, carotte, ail, épinards -Pois chiches, halva… -Beurre sans sel | -Pain au son -Amandes, noix de cajou, arachides, beurre sans sel -Haricots de soja, pommes de terre en petite quantité -Produits laitiers | -Céréales, bretzels -Fruits comme bananes, abricot, raisins, melon -Jus d'orange, poires, cerises -Fruits secs -Haricots verts, myrtille, maïs, pois, pomme de terre, patate douce, tomates -Poulet sans peau, notamment le blanc, dinde -Légumineuses comme lentilles et haricots blancs -Sucre, gelée, popcorn -Margarine -Confiture -Riz -Pain blanc -Viande, poisson -Soupe -Café | -Sel |
-Tous les fruits sauf bananes, pêches, cerises, abricot, tomates cuites -Sel, café, poisson (environ 125 g/jour) -Éviter les plats frits, le maïs soufflé, les bonbons et le chocolat | -Maximum 2 œufs par jour -Éviter le pain complet | ||
Le moment de la relation conjugale a-t-il une influence ?
Cette approche repose sur une hypothèse liée à la masse et à la mobilité des spermatozoïdes : le spermatozoïde Y serait plus léger et plus rapide, mais aurait une durée de vie plus courte, tandis que le spermatozoïde X serait plus lourd, plus lent, mais plus résistant dans le temps.
Sur cette base, certains couples calculent la date d’ovulation pour choisir le moment de la relation selon le sexe souhaité : un rapport proche de l’ovulation (environ 12 heures avant) serait associé à une tendance masculine, tandis qu’un rapport plusieurs jours avant l’ovulation serait associé à une tendance féminine.
Il faut toutefois savoir qu’une étude rigoureuse (Wilcox, New England Journal of Medicine, 1995), qui a daté précisément l’ovulation, n’a montré aucun effet du moment du rapport sur le sexe du bébé. Il est essentiel de bien identifier sa période d’ovulation, celle-ci pouvant varier d’une femme à l’autre et d’un cycle à l’autre.
Les injections vaginales pour la sélection du sexe
Un milieu vaginal acide favoriserait le spermatozoïde X, tandis qu’un milieu alcalin favoriserait le spermatozoïde Y. Selon certaines données, cette approche pourrait légèrement augmenter la probabilité d’une conception masculine, de l’ordre de quelques points de pourcentage.
Cette méthode n’a pas été confirmée par des études fiables. De plus, les irrigations vaginales répétées peuvent déséquilibrer la flore vaginale et favoriser les infections : elles ne doivent pas être utilisées sans avis médical.
Comment combiner alimentation, timing et injections vaginales sous suivi médical ?
La patiente est généralement invitée à suivre le régime alimentaire décrit ci-dessus pendant au moins deux mois avant toute stimulation ovarienne. Deux bilans sont recommandés au préalable :
1- Le taux de sodium et de potassium pour un projet de conception masculine.
2- Le taux de calcium et de magnésium pour un projet de conception féminine.
Pour une conception masculine, le rapport aurait lieu le jour même de l’ovulation (dans les 12 heures qui la précèdent), selon cette théorie non démontrée. Pour une conception féminine, le rapport aurait lieu environ 24 heures avant l’ovulation, associé à une irrigation vaginale acide une demi-heure avant le rapport.
La séparation des spermatozoïdes X et Y avec insémination intra-utérine (IIU)
Cette technique est réalisée après une stimulation ovarienne visant à augmenter le nombre de follicules, ce qui améliore les chances de grossesse. Le sperme est ensuite traité et séparé en laboratoire avant d’être inséminé dans l’utérus.
Il est important de savoir que cette méthode n’est pas fiable à 100 % : une grossesse du sexe non désiré reste possible.
Pour optimiser les chances d’obtenir le sexe souhaité, elle est souvent associée au régime alimentaire adapté, au calcul précis de l’ovulation et à l’IIU.
Plusieurs techniques de séparation du sperme existent, basées sur la masse moléculaire, l’activité électrique ou le passage à travers l’albumine — mais aucune de ces méthodes n’offre une précision totale.
La cytométrie de flux pour la séparation des spermatozoïdes
Cette technique, appelée cytométrie de flux, repose sur une différence de contenu en ADN entre les spermatozoïdes : le spermatozoïde X contiendrait environ 2,8 % d’ADN de plus que le spermatozoïde Y. Grâce à des instruments spécialisés, il devient possible de séparer partiellement les deux types de spermatozoïdes. La méthode FISH, utilisée pour vérifier cette séparation, colore les spermatozoïdes Y en vert et les spermatozoïdes X en rose-rouge. Selon les données disponibles, la séparation du spermatozoïde Y atteindrait environ 73 % de précision, et celle du spermatozoïde X environ 88 %.
Un échantillon de sperme naturel contient généralement environ 50 % de spermatozoïdes X et 50 % de spermatozoïdes Y, avec quelques variations individuelles.
L’échantillon ainsi préparé peut ensuite être utilisé pour une IIU, une FIV ou une ICSI. Cette technique de séparation n’est disponible que dans un nombre limité de centres spécialisés dans le monde.
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) pour la sélection du sexe
Le DPI est aujourd’hui la méthode la plus fiable pour déterminer le sexe d’un embryon avant son transfert. Avant d’envisager cette approche, plusieurs éléments sont pris en compte avec le médecin :
- L’âge de la future mère.
- Le nombre d’enfants déjà présents dans la famille et leur sexe.
- L’état de santé général de la patiente et son historique obstétrical.
- La préparation du couple face à une éventuelle issue avec le sexe non désiré.
Le parcours se déroule généralement en plusieurs étapes :
1. Stimulation ovarienne
Des injections stimulent le développement des follicules, dont la taille est régulièrement surveillée par échographie jusqu’à maturité.
2. Ponction ovocytaire et fécondation
Les ovocytes sont prélevés par voie vaginale, sous anesthésie, puis mis en contact avec les spermatozoïdes au laboratoire, sous microscope.



Certains couples se demandent s’il est utile de combiner la séparation des spermatozoïdes X/Y avec le DPI. Les données actuelles montrent que cela n’apporte pas de différence significative, le DPI analysant directement l’embryon obtenu.
3. Culture embryonnaire et analyse génétique
Les embryons se développent en laboratoire pendant 5 à 6 jours, jusqu’au stade de blastocyste. Quelques cellules de la couche externe (qui formera le placenta) sont alors prélevées avec précaution sur chaque embryon afin d’analyser ses chromosomes et de déterminer son sexe ; les embryons sont généralement congelés en attendant les résultats.
4. Transfert embryonnaire
Seuls les embryons jugés chromosomiquement normaux et correspondant au sexe souhaité sont transférés dans l’utérus. Il arrive, dans certains cas, qu’aucun embryon ne remplisse ces deux critères, et qu’aucun transfert ne puisse être réalisé ce cycle-là.
5. Suivi post-transfert
Un traitement de soutien est prescrit, suivi d’un test de grossesse environ deux semaines plus tard. Le DPI est considéré comme une méthode très fiable pour la détermination du sexe et n’est pas associé à un risque accru de malformation. Il est toutefois important de savoir que le taux de grossesse par cycle peut être un peu plus bas que lors d’une FIV classique sans sélection du sexe, en raison des critères supplémentaires de sélection embryonnaire.
Le calendrier chinois de conception
Ce calendrier traditionnel, vieux de plusieurs siècles, met en relation l’âge de la mère et le mois de conception pour suggérer une tendance de sexe. Il ne repose sur aucune base scientifique : une grande étude portant sur près de deux millions de naissances en Suède (2010) a montré que ses prédictions ne sont pas meilleures que le hasard (environ 50 %). Il doit être considéré comme un outil ludique plutôt qu’une méthode médicale fiable.
Tableau de référence :
| Âge | Jan | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juill. | Aout | Sep. | Oct. | Nov. | Dec. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 18 | G | B | G | B | B | B | B | B | B | B | B | B |
| 19 | B | G | B | G | G | B | B | B | B | B | G | G |
| 20 | G | B | G | B | B | B | B | B | B | G | B | B |
| 21 | B | G | G | G | G | G | G | G | G | G | G | G |
| 22 | G | B | B | G | B | G | G | B | G | G | G | G |
| 23 | B | B | G | B | B | G | B | G | B | B | B | G |
| 24 | B | G | B | B | G | B | B | G | G | G | G | B |
| 25 | G | B | B | G | G | B | G | B | B | B | B | B |
| 26 | B | G | B | G | B | G | B | G | G | G | G | G |
| 27 | G | B | G | B | G | G | B | B | B | B | G | B |
| 28 | B | G | B | G | G | G | B | B | B | B | G | G |
| 29 | G | B | G | G | B | B | B | B | B | G | G | G |
| 30 | B | G | G | G | G | G | G | G | G | G | B | B |
| 31 | B | G | B | G | G | G | G | G | G | G | G | B |
| 32 | B | G | G | G | G | G | G | G | G | G | G | B |
| 33 | G | B | G | B | G | G | G | B | G | G | G | G |
| 34 | B | G | B | G | G | G | G | G | G | G | B | B |
| 35 | B | B | G | B | G | G | G | B | G | G | G | B |
| 36 | G | B | B | G | B | G | G | G | B | B | B | B |
| 37 | B | G | B | B | G | B | G | B | G | B | G | B |
| 38 | G | B | G | B | B | G | B | G | B | G | B | G |
| 39 | B | G | B | B | B | G | G | B | G | B | G | B |
| 40 | G | B | G | B | G | B | B | G | B | G | B | G |
| 41 | B | G | B | G | B | G | B | B | G | B | G | B |
| 42 | G | B | G | B | G | B | G | B | B | G | B | G |
| 43 | B | G | B | G | B | G | B | G | B | B | B | B |
| 44 | B | B | G | B | B | B | G | B | G | B | G | G |
| 45 | G | B | B | G | G | G | B | G | B | G | B | B |
| Horizontalement – Le mois où le bébé est conçu Verticalement – L'âge de la mère au moment de l'accouchement |
Aperçu comparatif des différentes approches
Conception naturelle sans méthode particulière : environ 51 % de garçons et 49 % de filles.
| Méthode suivie | Tendance rapportée (garçon) |
| DPI (diagnostic préimplantatoire) | ≈ 99 % |
| Conception naturelle, sans méthode | ≈ 51 % |
Le régime alimentaire, le moment du rapport, les lavages vaginaux et le calendrier chinois sont des approches non prouvées, sans fondement scientifique solide : les études rigoureuses n’ont pas montré qu’elles modifient la proportion naturelle (environ 51 % de garçons). Le tableau ci-dessus ne conserve que le DPI et la référence naturelle. Le DPI reste, selon les données disponibles, l’approche la plus fiable en matière de détermination du sexe.
Il est important de noter que, dans de nombreux pays, la sélection du sexe par DPI est encadrée strictement par la loi, et n’est généralement autorisée que lorsqu’elle est justifiée par la prévention d’une maladie génétique liée au sexe. Il convient donc de se renseigner sur la réglementation en vigueur dans votre pays avant d’envisager cette option.
Questions fréquentes des futurs parents
Ces méthodes présentent-elles un risque pour la santé du bébé ? Selon les données actuelles, ces approches ne sont pas associées à un risque accru pour la santé du futur enfant. Elles ne sont toutefois pas sans inconvénient pour la mère : les irrigations vaginales répétées peuvent déséquilibrer la flore vaginale et favoriser les infections, et la FIV avec DPI comporte les risques propres à la stimulation et à la ponction (hyperstimulation ovarienne, anesthésie).
Existe-t-il un lien avec des malformations ou un risque de fausse couche ? Non, aucune de ces méthodes n’est associée à un risque accru de malformation ou de fausse couche selon les connaissances actuelles.
Ces méthodes offrent-elles une garantie de résultat ? Aucune méthode ne peut garantir un résultat ; le DPI est de loin la plus fiable (environ 99 %). Même le DPI, bien que très fiable, reste encadré par des conditions médicales et légales précises.
La confidentialité est-elle assurée ? Au sein de notre clinique, chaque parcours de soin est traité avec la plus grande confidentialité.
Quand peut-on connaître le sexe du bébé pendant la grossesse ? En dehors du DPI, une analyse de sang maternel (ADN fœtal libre) peut indiquer le sexe dès environ 10 semaines ; à l’échographie, une première estimation est possible vers 12–13 semaines, mais le sexe n’est identifié de façon fiable qu’à l’échographie morphologique de 18–22 semaines.
Chaque situation familiale est unique, et le choix d’explorer l’une ou l’autre de ces approches mérite d’être discuté avec un spécialiste en fertilité, qui pourra vous informer sur les options adaptées à votre situation médicale et personnelle. L’équipe du Dr Najeeb Layyous se tient à votre disposition pour répondre à vos questions et vous accompagner dans votre projet de parentalité, en toute confidentialité et avec une approche humaine et rassurante.
Dr Najeeb Layyous F.R.C.O.G
Obstétricien consultant, gynécologue et spécialiste de l’infertilité
Le meilleur médecin de Jordanie — que Dieu le bénisse, lui et toute son équipe médicale. Un médecin dans tous les sens du terme. Je conseille à toute personne qui envisage une grossesse de consulter le Dr Najeeb Layyous. Son attitude est remarquable, toujours souriant et d’une grande éthique ; il accorde à chaque patiente toute son attention, et son confort passe avant tout. Nous avions vu de nombreux médecins et aucun n’avait compris et traité mon cas, sauf lui. Un merci tout particulier à lui et à toute l’équipe, et à Dina en particulier — une personne adorable. Je recommande à quiconque envisage une FIV ou une grossesse de consulter sa clinique.