Baisse de libido chez la femme : causes et solutions expliquées
Comprendre les causes de la baisse de libido féminine et les solutions possibles, expliquées simplement par Dr Najeeb Layyous.
En bref : La baisse du désir chez la femme a des causes physiques (anémie, manque d’œstrogènes, sécheresse vaginale, certains médicaments contre l’hypertension ou la dépression) et psychologiques (dépression, épuisement, difficultés conjugales). Le traitement dépend de la cause : traiter la cause physique ou changer le médicament en cause, accompagnement du couple, hydratants et œstrogènes locaux en cas de sécheresse, et traitement hormonal après la ménopause. Consultez pour identifier la cause avant tout traitement.
La sexualité occupe une place importante dans la vie de couple, et c’est le désir sexuel, ou libido, qui influence bien souvent la qualité de ces rapports intimes. Une baisse ou un déclin de la libido est fréquemment observé chez les femmes à partir d’un certain âge, entraînant une perte d’intérêt pour la sexualité. Ce phénomène est plus rarement rapporté chez les hommes, qui rencontrent davantage des difficultés liées au dysfonctionnement érectile. Il n’existe pas de théorie unique et universellement admise expliquant le déclin de la libido féminine, mais plusieurs situations courantes peuvent y contribuer.

Pendant les périodes de fluctuations hormonales — après un accouchement, en périménopause ou à la ménopause — de nombreuses femmes ressentent une baisse du désir sexuel, accompagnée parfois d’insomnie, de troubles digestifs, de changements d’humeur, de bouffées de chaleur, de fatigue ou de prise de poids. Ces symptômes peuvent altérer le bien-être général, ce qui explique en partie le recul de l’intérêt pour la sexualité. Ainsi, se sentir mieux physiquement est souvent la première étape pour retrouver une libido plus épanouie.
Les causes du manque de libido chez la femme :
Elles peuvent être d’origine physique ou psychologique.
Les causes physiques de la perte de libido féminine :
• L’anémie, le type le plus fréquent étant l’anémie par carence en fer, liée aux pertes sanguines pendant les règles.
• L’alcoolisme : une consommation excessive d’alcool peut entraîner une diminution du désir sexuel. Les recommandations actuelles indiquent que les hommes et les femmes ne devraient pas dépasser 14 unités par semaine (réparties sur trois jours ou plus), et moins est préférable.
• La toxicomanie.
• Certains médicaments peuvent diminuer la libido, notamment certains antihypertenseurs, les médicaments qui élèvent la prolactine (comme certains antipsychotiques), les anti-androgènes comme la cimétidine, le finastéride et la cyprotérone, les contraceptifs hormonaux chez certaines femmes, ainsi que les antidépresseurs de type ISRS. Cela peut concerner aussi bien les hommes que les femmes.
• La baisse de libido du post-partum, qui survient après l’accouchement en lien avec les changements hormonaux de cette période, et parfois avec le vécu émotionnel de l’accouchement lui-même.
• Les changements hormonaux comme l’hyperprolactinémie, les anomalies de production de l’hormone lutéinisante (LH), le manque d’hormones androgènes ou une thyroïde peu active.
• Les changements physiques au niveau du vagin qui affectent la libido :
À l’approche de la ménopause, les niveaux d’œstrogène commencent à diminuer, ce qui peut entraîner un amincissement des tissus, une sécheresse et une atrophie (amincissement et fragilité de la muqueuse) au niveau du vagin et de la vulve, provoquant irritations, démangeaisons et douleurs pendant les rapports — autant de facteurs pouvant réduire le désir sexuel.
Les causes psychologiques de la perte de libido féminine :
• La dépression : c’est une maladie sérieuse qui se traduit par une tristesse profonde et durable, pouvant devenir suffisamment sévère pour perturber la vie quotidienne, y compris la vie sexuelle. Un traitement antidépresseur prescrit par votre médecin peut aider à se sentir mieux. Cependant, un type d’antidépresseur appelé inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) peut lui-même provoquer une baisse du désir sexuel. Si c’est votre cas, il peut être utile d’en discuter avec votre médecin pour envisager un changement de traitement.
• Le stress et l’épuisement : le stress chronique et la fatigue affectent l’humeur, l’énergie et les signaux hormonaux du cerveau, ce qui peut réduire le désir et la réponse sexuelle. Des changements de mode de vie, du repos et un accompagnement peuvent aider à gérer le stress.
• Les problèmes de couple (difficultés avec le partenaire) :
Les tensions dans le couple sont l’une des causes les plus fréquentes de baisse de libido. Si vous n’êtes pas épanouie dans votre relation, ou si des doutes ou inquiétudes persistent, cela peut expliquer en partie une perte de désir sexuel. Le problème peut aussi être lié à des difficultés fonctionnelles rendant les rapports difficiles, comme des troubles de l’érection ou une éjaculation précoce chez l’homme, ou des douleurs pendant les rapports (vaginisme, contraction involontaire des muscles autour du vagin) chez la femme.
• Un abus sexuel passé ou un viol.
• Des conditions de vie difficiles.
Les solutions pour la libido basse — le traitement de la perte de libido féminine :
• Le traitement des causes sous-jacentes de sécheresse et d’amincissement vaginal :
- Les hydratants vaginaux utilisés deux à trois fois par semaine, et les lubrifiants à base d’eau ou de silicone pendant les rapports, peuvent aider lorsque les symptômes sont légers (les ovules de vitamine E sont parfois utilisés, mais les preuves sont limitées).
- Le rétablissement d’un niveau adéquat d’œstrogène par un traitement hormonal substitutif lorsque cela est indiqué : votre médecin adapte le traitement selon vos symptômes, des analyses de sang régulières n’étant généralement pas nécessaires.
- Lorsque la production d’œstrogène par les ovaires diminue, le corps en produit encore de petites quantités via le tissu adipeux et les glandes surrénales, mais cela ne suffit généralement pas à prévenir la sécheresse vaginale ; une alimentation saine soutient le bien-être général, mais un soulagement efficace vient le plus souvent des hydratants ou d’un traitement œstrogénique.
- Certaines femmes ont des niveaux d’œstrogène plus bas que d’autres et peuvent bénéficier d’un traitement œstrogénique local, appliqué directement dans le vagin. Il agit en apaisant les tissus vaginaux et en favorisant les sécrétions nécessaires à un rapport confortable. Il est disponible sous forme de suppositoires, crèmes ou anneaux vaginaux.
• Testostérone :
La testostérone joue un rôle important dans le désir sexuel, car elle stimule l’intérêt, l’excitation, la réponse sexuelle, l’orgasme et la lubrification. Après la ménopause, les niveaux d’œstrogène chutent rapidement chez la femme, tandis que les niveaux de testostérone diminuent plus progressivement. Certaines femmes ont naturellement une testostérone plus basse, et les taux baissent aussi après l’ablation des ovaires ; toutefois, le taux sanguin de testostérone ne prédit pas de façon fiable la libido chez la femme.
Après la ménopause, les ovaires et les glandes surrénales continuent de produire un peu de testostérone, et les taux diminuent progressivement avec l’âge. Une bonne nutrition et un mode de vie moins stressant soutiennent le bien-être général et la santé sexuelle, même s’ils n’ont pas démontré qu’ils élèvent les taux de testostérone.
Pour toutes ces raisons, la testostérone est parfois proposée comme traitement du trouble du désir sexuel hypoactif. Les essais cliniques montrent que la testostérone, à des doses adaptées aux femmes, peut améliorer modestement le désir, l’excitation et la satisfaction chez les femmes ménopausées présentant une baisse de désir source de détresse, surtout lorsque le THS seul n’a pas suffi. À ces doses, les effets indésirables sont peu fréquents et surtout une acné légère ou une pilosité accrue ; les modifications de la voix et l’élargissement du clitoris surviennent avec des doses excessives, c’est pourquoi les taux sanguins sont surveillés pendant le traitement.
Un patch de testostérone conçu pour les femmes (Intrinsa) était disponible au Royaume-Uni à partir de 2007, mais a été retiré en 2012 ; aujourd’hui la testostérone est généralement prescrite sous forme de petite dose quotidienne de gel ou de crème (en Australie, une crème féminine homologuée est disponible), sous supervision médicale.
Certaines pharmacies de préparation magistrale proposent des crèmes ou gels de testostérone, mais leur dosage et leur pureté ne sont pas réglementés ; les recommandations internationales privilégient des produits homologués à des doses adaptées aux femmes. D’autres approches pour faciliter l’orgasme peuvent être discutées avec votre médecin.
• Vibrateurs à succion :
Ils peuvent stimuler le désir féminin en exerçant une légère succion sur le clitoris. Les vibrateurs classiques, sans succion, ont également montré de bons résultats au cours des dernières années.
• Crème de désir :
Cette crème, à base de gaulthérie, produit une sensation de picotement agréable au niveau du clitoris. Elle a été introduite au début de ce siècle.
• Les médicaments favorisant l’érection (comme le Viagra) :
Ils peuvent améliorer le flux sanguin vers le vagin et le clitoris et favoriser la lubrification. Cependant, leur efficacité chez les femmes présentant une libido basse n’a pas été clairement démontrée, et ils ne sont pas autorisés pour un usage féminin.
• Zestra :
Il s’agit d’une huile de massage génital contenant de l’huile de bourrache, de l’huile d’onagre, de la racine d’angélique ainsi que des vitamines C et E. Quelques petites études, principalement financées par le fabricant, suggèrent qu’elle peut modestement augmenter l’excitation, la sensation génitale et la capacité à atteindre l’orgasme chez certaines femmes, y compris sous ISRS ; des études indépendantes de plus grande envergure manquent.
• ArginMax :
Ce complément nutritionnel (ArginMax, contenant L-arginine, ginseng et ginkgo) a montré un bénéfice sur le désir sexuel et la satisfaction dans une petite étude publiée en 2001 dans le Journal of Sex and Marital Therapy, mais les preuves restent limitées, et il peut interagir avec les médicaments pour la tension artérielle et le cœur.
À noter : il est toujours recommandé d’en parler d’abord avec votre médecin avant d’utiliser tout complément, afin d’être informée des éventuels effets indésirables ou interactions.
Si vous ressentez une baisse de libido persistante ou des symptômes qui vous inquiètent, une consultation avec un gynécologue peut aider à identifier les causes possibles et à discuter des options adaptées à votre situation.
Dr Najeeb Layyous F.R.C.O.G
Obstétricien consultant, gynécologue et spécialiste de l’infertilité
Nous sommes reconnaissants d’avoir affaire à un tel médecin — très attentionné, il traite chaque cas séparément. Nous aurions aimé passer plus de temps avec lui, mais il n’était jamais pressé pendant notre rendez-vous.